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Lorsque vous externalisez une partie de votre communication opérationnelle, il y a des milliers de raisons de ne pas s’entendre avec l’agence de design que vous avez embauchée. C’est la plupart du temps la faute de l’agence, puisque c’est à elle de vous guider vers la lumière. C’est facile à dire, mais la route est semée d’embûches. Voici quelques pièges à éviter, qui faciliteront sans doute vos relations.

Vouloir aller trop vite

C’est souvent le cas des jeunes entreprises. Vous lancez votre boite, et vous avez besoin d’un site internet. Vous contactez une agence, et celle-ci vous demande « pourquoi voulez vous un site web ? », « Quels sont vos objectifs ? » ou encore : « A qui s’adresse votre site ? »

Ces questions sont importantes, parce que de là découle la manière de concevoir votre site. Ne mettez pas la charrue avant les bœufs, soyez clairs sur vos objectifs avant de vouloir un site web. Vous risqueriez de perdre du temps et de l’argent à refaire faire du travail à votre agence, faute d’avoir octroyé suffisamment de temps à la réflexion.

Rassurez-vous, une agence compétente vous le dira si c’est trop tôt… (le problème, c’est qu’il y a beaucoup plus d’agences que d’agences compétentes…)

Se tromper de feedback

Vous avez signé un devis, et c’est la première réunion avec votre agence. On vous présente une maquette (au stylo noir sur papier blanc) qui vous paraît très incomplète…

Ce schéma contient tout ce qu'il doit contenir.

Ce schéma contient tout ce qu’il doit contenir.

Si votre agence est compétente, elle a du vous mettre au courant de l’objet de cette réunion, et vous n’aurez à aucun moment envie de parler du « texte de ce bouton », ou de « la position de ce menu ».  Puisque vous savez ce pourquoi vous êtes là. Vous êtes sûrement ici pour discuter de l’architecture de votre site, de quelles vont être les pages, comment va fonctionner la navigation (menus, liens…), etc.

Si votre agence est moins compétente, vos réunions vont être longues. Alors gardez une chose en tête : demandez ce que votre interlocuteur attend comme feedback de votre part.

Ne pas dire les choses

Le projet a bien démarré, vous êtes très enthousiastes, l’agence aussi, mais voilà, à la réunion d’aujourd’hui, on vous présente la maquette graphique… et vous trouvez cela affreux…

"Ah, je crois que ça ne va pas être possible..."

« Ah, je crois que ça ne va pas être possible… »

Un conseil : parlez-en tout de suite : « je m’attendais à quelque chose de plus… » ou « je trouve ça moche », selon si vous êtes habitués à prendre des gants ou pas. Mieux vaut crever l’abcès tout de suite, et que votre agence comprenne qu’il faut tout changer, plutôt que d’essayer de tout leur faire changer petit à petit. Ce qui serait long et fastidieux pour tout le monde.

Empiéter sur le métier de l’autre

C’est souvent la source de conflit numéro un entre une agence de design et son client.
Le projet a encore avancé, et vous êtes contents de la maquette graphique dans son ensemble. Cela dit, vous voulez que vos visiteurs s’abonnent à votre page Facebook, parce que c’est là que vous postez tous vos messages et que vous fidélisez vos clients. Vous voulez donc un gros bouton Facebook en haut de votre page d’accueil. Et oh, malheur, le designer de l’agence l’a mis à droite…

Vous connaissez votre métier, le designer connait le sien (espérons-le). Vous lui avez parlé de vos objectifs : « rediriger mes visiteurs vers ma page Facebook ». Le designer a traduit vos objectifs, et il vous a présenté une solution. A priori, s’il a mis ce bouton Facebook à droite, c’est qu’il a une bonne raison. Vous lui dites que vous l’aimeriez en haut, et à partir de là, plusieurs cas se présentent :

1. Ce bouton doit être à droite, et pas en haut. Le designer sait pourquoi (c’est un bon designer). Il vous l’explique, et que vous le compreniez ou pas, cela ne change rien, ce bouton doit rester à droite pour remplir vos objectifs. Le designer restera ferme, et si vous insistez (le client est roi), et que vous lui faites mettre ce bouton en haut, vous aurez tort.

2. Ce bouton est à droite, mais peut aussi être en haut. Le designer a fait ce choix, mais l’autre n’est pas beaucoup plus mal. Il peut faire une concession, et retravailler un peu, s’il juge que cela n’impactera pas vos résultats. Il vous dira « d’accord », et vous serez heureux d’avoir gagné une « bataille », car bous allez en perdre d’autres 🙂

3. Ce bouton est à droite, mais devrait être en haut. Le designer a fait ce choix, et il s’est trompé. Soit il est humble, et il vous dit : « vous avez raison, c’était un mauvais choix de ma part », il corrige, et vous pouvez le remercier pour sa franchise. Soit il est entêté (en plus d’être mauvais), et il va arriver à vous vendre que ce bouton doit être là… Désolé, vous avez en face de vous la mauvaise agence, je ne peux rien faire. (Le pire, c’est que vous ne pouvez pas savoir s’il a raison ou tort, puisque ce n’est pas votre métier).

Envoyer des listes de corrections

Votre site web est enfin en « préproduction », accessible sur une adresse internet que vous seuls pouvez voir, afin de donner les « dernières modifications » à votre agence. Vous allez voir ce site, et là, vous vous rendez compte que c’est loin d’être satisfaisant. A priori, vous vous êtes trompés d’agence. Ce n’est pas grave, vous pouvez encore de sauver les meubles.

Il y a quelques années, j’étais de l’autre côté de la barrière, il y avait beaucoup de corrections à faire sur ce que l’agence me présentait, et j’ai fait une liste. Croyez moi, ce n’est pas une partie de plaisir. Surtout lorsque la plupart de ces corrections sont à imputer à « l’agence » (oui, les guillemets sont volontaires, je continue à croire qu’il s’agissait d’imposteurs… ndlr : cette agence existe toujours, là dehors.).

Exemples : il y a des fautes d’orthographe dans les rares textes que l’agence a du écrire (ex : boutons de menu), il y a un décalage dans certaines pages, le site ne marche pas sous votre navigateur préféré ou sur votre smartphone, le processus d’achat pour votre boutique en ligne est incompréhensible (voire non-sécurisé)…

Ne leur faites pas une liste de tout ce qui ne va pas, point par point, page par page. Vous allez perdre du temps à la faire, et votre agence du temps à la lire. Personne ne sera satisfait. Choisissez plutôt l’option suivante : Téléphonez à votre agence, et demandez si c’est normal que le site soit un tel chantier. Si on vous dit oui, demandez quand c’est censé être prêt (parce que le projet est déjà en retard d’un mois). Si on vous dit demande de quoi vous parlez, demandez une réunion, dans laquelle vous donnerez les grandes lignes de tout ce qui ne va pas.

Pour faire simple

Si vous suivez tous ces conseils, vous devriez pouvoir dialoguer facilement avec votre agence de communication. Sinon, vous pouvez aussi choisir une agence qui connaît déjà tous ces pièges, et sait les éviter. Ca tombe bien, il y a Rikka.